by Kader Avonnon, Youth Champion at Association Béninoise pour la Promotion de la Famille    (En français ci-dessous)

Safe abortion, permitted to some extent in most countries around the world, remains restrictive in the majority of these countries. In Benin, abortion services are permitted only when the pregnancy affects the health of the woman, in the case of fetal malformation or when the pregnancy occurs as a result of rape or incest. Outside of these conditions, voluntary interruption of pregnancy is considered a crime. But this restrictive aspect is the evil that destroys our society today, forcing young people to use clandestine, risky and high cost abortion services.

When a girl becomes pregnant and does not have the means to support herself, when she is afraid of the stigmatizing looks her peers will give her, when she thinks that pregnancy will be a source of exclusion from society, when she thinks that pregnancy will be a barrier to the achievement of her professional goals, she may choose to interrupt the pregnancy in order to secure a better future. In her quest for physical, mental and moral well-being, she will be obliged to resort to unsafe, unsuitable and high-risk abortion services as limited by the legal conditions of access to safe, secure services.

Even though she is aware of the risks of uterine perforation, hemorrhage, infection and death from ‘backstreet providers’, she often sees no other choice. This is how our young sisters risk their lives every day and many die. Are we waiting for the day when one of us will fall victim to the restriction of access to full abortion services before becoming aware of these risks? We created this trap, which affects the well-being of our friends, sisters, daughters, cousins, nieces, aunts, and mothers. By “this trap”, I am not just talking about the stigmatizing and discriminatory looks young women face. I am also astonished when I see the shame and violence they suffer in society.

One of my classmates had to drop classes because of the stigmatization she faced having made a decisive choice for her health and future. I met her years later in a department store in Cotonou. From our discussion here is a sentence that touched me. “You have all rejected me, humiliated me and threatened me – I was the laughing-stock of the whole school. I lost my taste for schooling, but I thank my parents who supported me and helped me to be what I am today.”

In Benin, we young activists work mostly in colleges with our peers and teachers to reduce the stigma that young people face. We provide support to young women and can accompany them to safe services. We must generate debate through our communications via blog-posts, mass-media, and mass sensitizations. The well-being of all is at stake.

L’avortement sans risque, autorisé dans la plupart des pays exception faite de six, demeure restrictif dans la majorité de ces pays. Restrictif parce que les services d’avortement ne sont autorisés que lorsque la grossesse porte atteinte à la santé de la femme, en cas de malformation fœtal ou quand la grossesse survient d’un viol ou d’un inceste (cas du Bénin). Outre ces conditions précitées, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est considérée comme un crime. Mais cet aspect restrictif est le mal qui détruit notre société de nos jours, car obligeant ainsi les jeunes à aller vers un service d’avortement clandestin, à risque et à coût élevé.

Lorsqu’une fille tombe enceinte et ne dispose pas de moyens pour l’entretenir, lorsqu’elle a peur du regard stigmatisant qu’auront ses pair-e-s sur elle, lorsqu’elle pense que la grossesse sera pour elle source d’exclusion de la société, lorsqu’elle pense que la grossesse sera un handicap pour l’atteinte de ses objectifs professionnels, la principale option qui s’offre à elle est d’interrompre la grossesse afin de s’assurer un avenir meilleur et de garantir ses chances de participer à la construction de la société. Dans sa quête du bien-être physique, mental et moral, elle sera obligée de faire recours aux services d’avortement non sécurisés, non adaptés et à haut risque car limitée par les conditions d’accès à un service sécurisé sans risque.

Même en étant consciente des risques de perforation utérine, d’hémorragie, d’infection et de décès, elle ne voit souvent pas d’autre choix.

C’est ainsi que nos jeunes sœurs risquent leur vie chaque jour et plusieurs en meurent. Attendons-nous le jour où une des nôtres sera victime de la restriction de l’accès aux services d’avortement complet avant de prendre conscience de ces risques ? Nous avons créé nous-mêmes ce piège qui affecte le bien-être de nos amies, nos sœurs, nos filles, nos cousines, nos nièces, nos tantes, et nos mamans.

« Ce piège », je ne parle pas seulement du regard stigmatisant et discriminatoire auquel ces dernières sont confrontées. Je suis davantage étonné lorsque je vois la honte et la violence dont elles sont victimes au sein de la société.

Pour la petite histoire, en classe de 3ème, une de mes camarades a dû abandonner les classes à cause de la stigmatisation dont elle a été victime pour avoir opéré un choix déterminant pour sa santé et son avenir. Je l’ai rencontrée des années après dans son grand magasin de vente de tissus à Cotonou. De notre discussion voici une phrase qui m’a touché. « Vous m’avez tous rejetée, humiliée, menacée et même violentée comme une voleuse, j’étais la risée de toute la salle ; j’ai ainsi perdu goût à la scolarisation, mais je rends grâce à mes parents qui m’ont soutenue et accompagnée pour que je sois ce que je suis aujourd’hui ».

L’accompagnement est un aspect très important lorsque les filles font recours aux services d’avortement, car il se veut un service comme tous les autres et constitue un des droits des jeunes. Jeunes activistes, c’est le moindre que nous pouvons apporter en travaillant surtout dans les collèges avec nos pair-e-s et les enseignant-e-s pour réduire la stigmatisation à laquelle les jeunes sont confrontées. Nous devons susciter le débat à travers nos communications via les blogs-post, les mass-médias, et les sensibilisations de mass. Il y va du bien-être de tous.

 

 

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