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May 2017

Unsafe abortion in Benin/ L’avortement à risque au Bénin

by Hélène Hlungbo, IPPF Youth Champion and President of Youth Action Movement in Benin//Par Hélène Hlungbo, ‘Youth Champion’ de l’IPPF et présidente du mouvement d’action jeunesse au Bénin

International conventions on human rights, such as the Convention on the Rights of the Child[1], support the rights of young people to information, education and good health. In Benin, one out of every five deaths occurs in adolescents according to the Benin Demographic and Health Survey (EDSB IV, 2011-2012). The 2003 Act on Reproductive Health is fairly restrictive and authorizes abortion only in three situations: when the woman’s life/health is threatened, when there is malformation of the fetus and in cases of rape or incest.[2] This restrictive law means that many adolescent girls terminate unwanted pregnancies in secret, in places which are unhygienic and often not even recognized by the Beninese state as proper clinics. In most cases, there are complications or even deaths of adolescent girls as a result of these unsafe abortions.

Moreover, a survey carried out in Benin by the students of the University of Abomey Calavi (UAC) in 2015 reveals that the majority of patients referred to both the University Clinic of Obstetric Gynaecology and the Hospital and University Center of the Mother And Children are aged between 15 and 24, according to the various statistics collected in these hospitals. Also, registered abortions, especially those within this age group, exceed 50%.

Furthermore, according to the World Health Organization (WHO), health is a state of complete physical, mental and social well-being, and not merely the absence of disease or disability. From this definition it can be noted that young people have the right to make informed choices and make decisions about sexuality. Although the law exists, it is very restrictive, its implementation limited and far from being a reality for want of political will. Many ‘unofficial clinics’ are providing care to the population at a very high cost. Medical ethics are trampled underfoot in the pursuit of profits, which has the direct consequence of unsafe abortions that are detrimental to the health of adolescents and young people.

[1] http://www.ohchr.org/EN/ProfessionalInterest/Pages/CRC.aspx

[2] https://www.reproductiverights.org/world-abortion-laws/benins-abortion-provisions

Les Conventions internationales sur les droits humains telles que la Convention sur les droits de l’enfant soutiennent les droits des jeunes à l’information, à l’éducation et à une bonne santé.[1] Au Bénin 1 décès sur 5 est le fait d’une adolescente selon l’Enquête Démographique et de Santé du Bénin (EDSB IV, 2011-2012).[2] La loi de mars 2003 relative à la Santé de la Reproduction est assez restrictive et n’autorise l’avortement que dans trois (03) situations: lorsque la santé de la femme est menacée, lorsqu’il y a malformation du fœtus et en cas de viol ou d’inceste.[3] Cette restriction de la loi fait que de nombreuses adolescentes terminent des grossesses non désirées de façon clandestine dans des cabinets de soins peu adaptés et parfois même non reconnus par l’état béninois et dans des conditions peu recommandables. Dans la plupart des cas, on note des complications ou des décès dans le rang des adolescentes suite aux avortements à risques (non sécurisés).

Par ailleurs, une enquête réalisée au Bénin par les étudiants de l’Université d’Abomey Calavi (UAC) en 2015 révèle que la majorité des patientes référées aussi bien à la Clinique Universitaire de Gynécologie Obstétrique qu’au Centre Hospitalier et Universitaire de la Mère et de l’Enfant (CHU/MEL) ont un âge compris entre 15 et 24 ans, selon les diverses statistiques recueillies dans ces centres hospitaliers. Aussi, des avortements enregistrés, notamment ceux se situant entre cette tranche d’âge, excèdent les 50%.

En outre, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la santé est un état de bien-être physique, mental et social complet, et pas seulement l’absence de maladie ou d’incapacité. De cette définition, on peut ainsi retenir que les jeunes ont le droit d’opérer des choix éclairés et de prendre des décisions en matière de sexualité. Bien que la loi existe, elle est très restrictive, sa mise en application limitée et loin d’être une réalité faute de volonté politique. De nombreuses cliniques ne répondant pas aux normes sont opérationnelles et dispensent des soins aux populations à un coût très élevé. La déontologie médicale est foulée au pied au détriment de profits induits ce qui a pour conséquence directe ces avortements à risques préjudiciables à la santé des adolescentes et des jeunes.

[1] http://www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest/Pages/CRC.aspx

[2] http://dhsprogram.com/pubs/pdf/SR206/SR206.pdf

[3] https://www.reproductiverights.org/world-abortion-laws/benins-abortion-provisions

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Safe abortion must be one of my rights // L’avortement securise doit faire parti de mes droits

Interview by Sawdate Sawadogo, Youth Champion and Chairperson of the ABBEF Youth Action Movement in Burkina Faso

(En français ci-dessous)

Abortion stigma is a critical issue these days and a sensitive issue for so many girls. Abortion is often not something that is expected…however, the stigma is so strong that some girls are often forced to turn away from their dreams. Malia, a college student in Burkina Faso, faced this stigma:

“Even if social pressure weighs on you, take responsibility for a better tomorrow”

“My name is Malia. I am 16 years old. My dream is to be a lawyer. A few months ago, I had an unwanted pregnancy. As I did not know how the clinic nurse was going to react, so I went for a secret abortion. The next day I did not feel well, but I forced myself to go to school for fear that my parents would notice I was unwell. Arriving in class, I felt very sick, I was weak and I was losing blood. The headmaster took me home but my parents were away. So he took me to the hospital. Along the way, he asked me why I was losing so much blood. I told him I had my period. When we arrived at the hospital, I fell on the terrace. After the diagnosis, the doctor approached the headmaster to inform him that I had undergone a clandestine abortion. The abortion was very badly done by someone who wasn’t a proper doctor and my uterus was affected. When my mum and aunt came, they wanted to learn more about what was wrong with me. The doctor explained the situation to them.

On my return home my aunt explained the facts to my father in the presence of another girl who attends the same school as me. This is how the news spread to school. Some classmates were already coming to ask me at home whether it was true that I had had an abortion. I started to be afraid. Back at school, the students began to bully me by saying that I had aborted and that the headmaster had taken me to the hospital. I felt embarrassed, sidelined. The headmaster brought me back to the office to reassure me. He even threatened the students in collaboration with the teachers, which really comforted me. I told myself that I should not give up, that I could overcome this pain and fight for a better tomorrow. I had exams to do. So I concentrated as much as I could and received a good mark. At the end of this, I was awarded a scholarship for study abroad.

What if I had continued the pregnancy? I do not think I could have passed my exam and continued my studies.

Young people from Burkina Faso, this isn’t something which only happens to ‘other people’. Together, let’s say no to stigma and let girls like me realize their dreams! ”

Propos recueillis  par Sawdate SAWADOGO – Jeune championne/Présidente du Mouvement  d’Action des Jeunes de l’ABBEF

La stigmatisation de l’avortement est un problème crucial de nos jours et une question sensible pour tant de filles. L’avortement n’est souvent pas quelque chose que l’on prévoit… Il survient après analyse de certains paramètres jugés importants liés à la grossesse. Cependant, la stigmatisation est si forte que certaines filles sont souvent obligées de se détourner de leurs rêves. Mais Malia, élève d’un collège au Burkina Faso a relevé le défi. 

« Même si la pression sociale pèse sur vous, prenez vos responsabilités pour un lendemain meilleur »

« Je m’appelle Malia. Je suis en classe de 3ème  et j’ai 16 ans. Mon  rêve est d’être avocate. Il y a quelques mois, j’ai eu une grossesse non désirée ; comme je ne savais pas comment l’infirmière de la clinique allait réagir, je suis allée faire un avortement clandestin. Le lendemain, je ne me sentais pas bien, mais je me suis forcée pour aller à l’école de peur que mes parents ne remarquent mon mal. Arrivée en classe, je me sentais très malade, j’étais faible et je perdais du sang. Le proviseur m’a ramenée à la maison mais mes parents étaient absents. Il m’a donc conduite à l’hôpital. En cours de route, il m’a demandé pourquoi je perdais autant de sang. Je lui ai répondu que j’avais mes règles. Arrivée à l’hôpital, je suis tombée sur la terrasse. Après le diagnostic, le médecin a approché le proviseur pour lui annoncer que j’avais subi un avortement clandestin. L’avortement a été très mal fait et mon utérus était un peu touché. Quand ma maman et ma tante sont arrivées, elles voulaient apprendre davantage sur mon mal. Le médecin leur a expliqué la situation. Après les soins au retour à la maison ma tante a expliqué les faits à mon papa en présence d’une autre fille qui fréquente le même établissement. C’est ainsi  que la nouvelle s’est répandue à l’école. Certains camarades de classe venaient déjà me demander à la maison si c’était vrai que j’avais avorté. J’ai commencé à avoir peur. De retour à l’école, les élèves ont commencé à me héler en disant que j’avais avorté et que le proviseur m’avait amené à l’hôpital. Je me sentais gênée, mise à l’écart. Le proviseur m’a rappelée au bureau pour m’encourager. Il a même menacé les élèves en collaboration avec les professeurs, ce qui m’a vraiment réconfortée. Je me suis dit que je ne devrais pas baisser les bras, que je pourrais surmonter cette douleur et me battre pour un lendemain meilleur. Je devais composer le Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC). Je me suis donc concentrée dans les bosses et j’en suis sortie avec la mention ‘très bien’. A l’issue de cela, j’ai bénéficié d’une bourse d’études pour l’extérieur. 

Et si j’avais continué la grossesse ? Je ne pense pas que j’aurais pu réussir mon examen et poursuivre mes études.

Jeunes du Burkina Faso, cela n’arrive pas qu’aux autres. Ensemble, disons non à  la stigmatisation et permettons aux filles comme  moi de réaliser normalement leurs rêves ! »

 

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